Comment apporter une aide aux endeuillés ?

Texte de Swiss Web santé publique - prévention - promotion de la santé

Fille sur un banc

1 - Aider les personnes en deuil, c’est en premier lieu être avec elles. Ce qui est quasiment instinctif dans les premiers moments du deuil des personnes que nous aimons, devient beaucoup moins évident et moins facile au bout de quelques semaines ou quelques mois. C’est justement entre le deuxième et le sixième mois que l’endeuillé se sent le plus isolé ; il n’a pas envie de prendre l’initiative de contacts et attend qu’on vienne à lui.

Etre avec une personne en deuil, c’est d’abord l’écouter. Il se trouve que les endeuillés passent par des états différents. Tantôt ils ont envie de parler inlassablement de la personne qu’ils ont perdue, tantôt ils n’ont plus envie d’en parler; ils restent silencieux. Les aider, c’est aussi rester silencieux auprès d’eux.

Bien souvent, les personnes en deuil qui viennent consulter leur médecin pour divers symptômes ne souhaitent, en fait, qu’une écoute ; elles ont besoin de parler ; pour diverses raisons, elles ne peuvent s’exprimer dans leur milieu familial.

Cette attitude, à première vue si simple, est, dans la réalité, bien difficile ; elle demande de savoir rester passifs, à l‘écoute, non interventionnistes, de savoir résister à l’envie de consoler, de faire quelque chose. Et la proximité de la mort n’est pas si simple à supporter.

Etre avec une personne en deuil, c’est aussi s’efforcer de prévenir ses besoins et ses désirs; c’est l’aider à s’occuper d’elle-même. Ce peut-être aussi parfois de la ramener à la réalité, à la nécessité de certaines tâches, de certaines démarches.

2 - Pour favoriser de plus le bon déroulement du deuil, il faut pouvoir exprimer son chagrin et toutes ses émotions douloureuses. L’endeuillé a besoin de pleurer la personne aimée aussi longtemps et aussi intensément qu’il le faut sans recevoir d’autres consolations qu’un contact physique, des bras, une épaule et un regard compatissant qui ne se détourne pas. Les paroles de consolation sont inutiles, voire déplacées. L’endeuillé ne veut pas être consolé ; il se vit inconsolable. Une partie de lui s‘en va avec son amour et son chagrin en fait partie. N’essayons pas maladroitement de l’atténuer en l’assurant qu’il diminuera avec le temps. Le temps, il est vrai, est le seul vrai consolateur du deuil mais l’endeuillé récent ne veut pas encore l’entendre.

C’est bien en parlant et en reparlant de la personne décédée que l’endeuillé vit peu à peu son chagrin. Mais une partie en restera toujours secrète ; le deuil est une grande épreuve de solitude même lorsqu’on est bien accompagné.

Mais que faire pour ceux qui ne pleurent pas, ceux qui ne montrent rien, les stoïques, ceux qui font comme si rien n’était arrivé ? De quel droit les faire pleurer et y arriverait-on ? Les défenses ont toujours leurs raisons d’être et, même si elles nous paraissent risquées, elles sont en fait la moins mauvaise solution au moment donné. Essayer d’aider ces endeuillés récalcitrants, c’est encore être auprès d’eux, être avec eux et leur parler discrètement, pour autant qu’ils l’acceptent, de la personne disparue.

3 - Le manque actuel de familiarité avec la mort, souvent la difficulté à surmonter les épreuves donnent le sentiment à l’endeuillé d’être entré dans un état anormal. Il est vrai que si le deuil normal n’est pas une maladie, il réalise cependant une sérieuse perturbation de l’équilibre habituel.

L’un des rôles du médecin traitant, lorsqu’il est consulté, est de rassurer les personnes en deuil et leur famille, de leur faire comprendre la normalité et la nécessité du deuil, de les encourager à parler entre eux de la personne disparue et à partager leurs émotions douloureuses.

Trois silhouettes

4 - Au niveau des enfants, il est essentiel de bien les garder au sein de la vie de la famille au cours de la maladie, des derniers moments, de la mort, des funérailles, de l’enterrement et du deuil. On ne va pas les en écarter comme on a encore trop souvent tendance à le faire sous des prétextes fallacieux et erronés. Mais cela signifie qu’ils vont faire l’objet d’une attention constante. On doit toujours leur parler, toujours s’efforcer de répondre à leurs questions. Et c’est tout naturellement qu’ils viendront, accompagnés, dire adieu au défunt, pour se construire des souvenirs de la personne disparue. Il est nécessaire de dire à l’enfant :

* qu’il n’est pas responsable car c’est toujours ce qu’il a tendance à penser,
* qu’il n’est pas en danger de mourir lui aussi car, dans ces circonstances, il pense que lui aussi peut être emporté par une maladie ou un accident,
* qu’on va continuer à s’occuper de lui le mieux possible ; il sent bien que cette mort dans la famille va entraîner des changements importants dans sa vie,
* qu’on va continuer à aimer la personne disparue et qu’on ne va pas l’oublier.

Il est bien rare que le parent restant, déjà si bouleversé par son propre deuil, soit en état de parler ainsi à son enfant. C’est alors le rôle de la famille, des grands-parents, des oncles et tantes... Mais à défaut, c’est le médecin de famille qui parlera à l’enfant endeuillé et qui encouragera tous les proches à continuer de parler de la personne décédée et à exprimer ensemble leur chagrin, faute de quoi l’enfant ne saurait le faire seul.

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